L’essentiel : Le Nothing Phone (3) est un semi-flagship à 849 € qui tient son pari du design unique : Glyph Matrix de 489 micro-LEDs, dos transparent, IP68 enfin présent. Côté technique, Snapdragon 8s Gen 4 efficient, écran AMOLED LTPO 6,67″ 120 Hz, 4 capteurs 50MP, batterie 5 150 mAh autonome et charge 65W. Photo correcte mais pas au niveau Pixel 9 Pro. Note : 8,2/10.
Le Nothing Phone (3) sortait fin juillet 2025 avec une promesse compliquée à tenir. Faire un flagship sans utiliser la puce flagship du moment. Tabler sur un design unique pour exister face à Apple et Samsung. Et garder les prix sous la barre des 1 000 €. Ce Nothing Phone (3) avis sépare ce qui marche de ce qui pique. Spoiler court : c’est le smartphone Android le plus original de 2025-2026, mais ça ne le rend pas universel. Voilà pour qui il vaut le coup, et qui ferait mieux d’aller voir le Pixel 9.
Une fiche technique premium, mais avec une tournure inattendue
Le Nothing Phone (3) s’aligne sur les flagships sur tout, sauf un détail. Là où le Galaxy S25 Ultra et l’iPhone 16 Pro embarquent les puces de pointe (Snapdragon 8 Elite, A18 Pro), Nothing a choisi le Snapdragon 8s Gen 4, une variante volontairement plus modeste. Le AI chief de la marque a expliqué le choix dans une interview à TechRadar : ne pas suivre les concurrents juste parce qu’ils le font, et tenir un tarif d’attaque sous 850 €.
| Caractéristique | Nothing Phone (3) |
|---|---|
| Écran | AMOLED LTPO 6,67″ 2800×1260, 120 Hz, 4 500 nits peak |
| Processeur | Snapdragon 8s Gen 4 |
| RAM / stockage | 12 ou 16 Go / 256 ou 512 Go |
| Photo arrière | 3× 50MP (principal f/1.68, téléobjectif périscope 3x f/2.68, ultra grand-angle 114°) |
| Selfie | 50MP avec autofocus |
| Vidéo | 4K 60 fps sur les 4 capteurs |
| Batterie | 5 150 mAh, charge 65 W filaire, 15 W sans fil |
| OS | Nothing OS sur Android 15 |
| Étanchéité | IP68 |
| Tarif | 849 € (12/256) / 949 € (16/512) |
Le verdict des reviewers internationaux est globalement le même : un semi-flagship assumé qui tape juste sur le rapport prix-design, plutôt qu’un face-à-face avec les écrasants Pixel 9 Pro et iPhone 16 Pro.
Glyph Matrix : la signature qu’on aime ou qu’on déteste
Le Glyph Interface des Phone (1) et (2), ces bandes lumineuses au dos qui clignotaient pour les notifs, disparaît sur le Phone (3). Nothing l’a remplacé par le Glyph Matrix : un mini-écran rond en haut à droite du dos, composé de 489 micro-LEDs monochromes. Tu peux y afficher un compteur de notifs, l’heure, des pictogrammes, et même y faire tourner des mini-jeux genre Snake.
Sur le papier, c’est un gadget. À l’usage, c’est ce qui fait que tu poses ton téléphone face vers le bas et que tu lis tes infos sans le retourner. Plus utile qu’un AOD pour certains usages, plus farfelu que pratique pour d’autres.
Le dos transparent reste la marque de fabrique. Pas de surprise stylistique. IP68 cette fois — c’est la première étanchéité totale sur un Nothing Phone, et c’était attendu. Les bordures plates et le poids contenu (218 g) le rendent confortable malgré les 6,67 pouces.
Écran et performances : haut de gamme sans coup d’éclat
L’écran est excellent. Une dalle AMOLED LTPO de 6,67 pouces en 1,5K, 120 Hz adaptatif, jusqu’à 4 500 nits en pic. Un chiffre qui rivalise avec l’iPhone 16 Pro Max en plein soleil. Calibration des couleurs propre, support HDR10+ et Dolby Vision.
Côté puissance, le Snapdragon 8s Gen 4 est la décision-clé. Sur les benchmarks, il dépasse le Snapdragon 8 Gen 3 mais reste sous le 8 Elite. En pratique :
- Aucun ralentissement en usage quotidien (réseaux sociaux, navigation, multimédia)
- Gaming AAA jouable mais pas au max (Genshin Impact tourne en haute, pas en ultra)
- Multitâche fluide grâce aux 12 ou 16 Go de RAM
- Chauffe mieux gérée que sur les flagships full-power, paradoxalement
Les hardcore gamers et les pros qui font tourner Stable Diffusion en local trouveront leur compte ailleurs (OnePlus 13 ou Pixel 9 Pro). Pour 95% des usages, c’est largement suffisant.
Photo : 4 capteurs 50MP, ce que ça donne vraiment
Sur le papier, le quartet 50MP est ambitieux. Capteur principal, ultra grand-angle, téléobjectif périscope avec zoom optique 3x, et même la selfie passe à 50MP avec autofocus.
Capteur principal : très bon en plein jour, dynamique correcte, bokeh naturel. Le traitement Nothing tire un peu sur la saturation pour certains goûts.
Téléobjectif périscope : la vraie réussite. Zoom optique 3x net, zoom hybride utilisable jusqu’à 6x. Le périscope sert aussi de macro avec une mise au point dès 10 cm, une combinaison rare à ce prix.
Ultra grand-angle : honnête. Distorsion gérée, mais qualité notablement en dessous du capteur principal en basse lumière.
Vidéo : 4K 60 fps sur les 4 capteurs, ce qui inclut la selfie. Stabilisation correcte, autofocus rapide.
Le bémol : en basse lumière, le Nothing Phone (3) montre ses limites. Le Pixel 9 Pro et l’iPhone 16 Pro restent largement devant. Pour Instagram et la photo de famille en plein jour, aucune frustration. Pour shooter de la rue à minuit, va chercher ailleurs.
Autonomie : la vraie bonne surprise
Là où le Phone (3) écrase le débat. La batterie de 5 150 mAh combinée au Snapdragon 8s Gen 4 (moins gourmand que le 8 Elite) donne une endurance qui efface l’anxiété de la batterie.
Selon les retours utilisateurs et tests publiés, la plupart finissent leurs journées entre 25 et 35% de batterie restante en usage soutenu. Sur des journées calmes, le smartphone tient deux jours sans broncher.
La charge 65 W remplit la batterie en 50 minutes (50% en 19 min). La charge sans fil 15 W est présente, et la charge inversée 5 W permet de dépanner des accessoires. Sur ce critère seul, le Phone (3) est devant pas mal de concurrents directs.
Nothing OS et Essential Space : Android repensé
Nothing OS sur Android 15 garde une identité forte : interface minimaliste en noir et blanc, polices typographiques affirmées, animations soignées. Tu peux passer en mode couleur si la sobriété te lasse, mais l’expérience par défaut tranche avec One UI ou ColorOS.
Essential Space est la nouveauté logicielle. Tu actives un bouton physique dédié sur la tranche, ça lance une capture d’écran enrichie avec annotations IA, classement automatique et recherche sémantique. Utile pour ceux qui collectent beaucoup d’informations visuelles, gadget pour les autres.
L’engagement de Nothing : 5 ans de mises à jour Android et 7 ans de patchs sécurité. C’est aligné sur Samsung et au-dessus de OnePlus.
Pour ceux qui veulent garder la main sur leurs données et limiter les abonnements logiciels qui s’accumulent, l’expérience Android épurée joue dans la bonne direction. Le sujet rejoint nos réflexions sur la fin du SaaS et l’auto-hébergement web.
Notre verdict : 8,2/10
Le Nothing Phone (3) mérite 8,2/10. Pas le smartphone le plus puissant. Pas la meilleure caméra. Pas le moins cher. Mais probablement le smartphone Android le plus distinctif de 2025-2026, avec une autonomie qui rassure et un design qui sort du flot d’iPhone clones.
Tu devrais l’acheter si :
- Tu veux un téléphone qui ne ressemble pas à tous les autres
- L’autonomie compte plus que les benchmarks bruts
- Tu apprécies une interface Android propre et libre
Tu devrais regarder ailleurs si :
- Tu shootes beaucoup en basse lumière (→ Pixel 9 Pro)
- Tu fais tourner les jeux 3D en ultra (→ OnePlus 13 ou ROG Phone)
- Le design transparent te laisse froid
Pour creuser d’autres tests dans la même catégorie, la rubrique Kékonteste rassemble les comparatifs et reviews matos.
Connectivité : 5G, Wi-Fi 7 et Bluetooth 5.4
Côté connectivité, le Nothing Phone (3) coche les cases attendues d’un semi-flagship 2025-2026. La 5G sub-6 GHz est intégrée, avec un modem Qualcomm X75 inclus dans le SoC. Pas de support 5G mmWave en France de toute façon, donc aucune perte par rapport aux flagships en pratique.
Le Wi-Fi 7 est présent, avec gestion du multi-link operation pour les routeurs compatibles. La différence se sent surtout sur les transferts de fichiers internes au réseau domestique (sauvegarde Nextcloud auto, synchronisation Immich des photos). En usage Internet classique, le Wi-Fi 6 aurait fait pareil. Bluetooth 5.4 avec LE Audio et Auracast pour ceux qui suivent les nouvelles fonctionnalités audio.
Le tiroir SIM accueille deux nano-SIM physiques, sans support eSIM en version France à la sortie (ajouté plus tard via mise à jour pour certaines régions). NFC complet pour les paiements Google Wallet, GPS double bande L1+L5 qui améliore notablement la précision en ville par rapport aux smartphones milieu de gamme.
Test gaming en profondeur : ce que ça donne sur les gros titres
Sur le gaming Android, le Nothing Phone (3) trouve sa place sans coup d’éclat. Le Snapdragon 8s Gen 4 avec son GPU Adreno délivre des performances solides mais notablement en dessous des flagships full-power.
- Genshin Impact : tournable en haute qualité 60 fps stable, légère baisse à 50 fps lors des cinématiques. Pour les ultra réglages, le smartphone montre ses limites après 30 minutes de jeu (chauffe + réduction de fréquence).
- Honkai Star Rail : haute qualité 60 fps tient bien, avec quelques drops occasionnels en combat boss multi-effets.
- Diablo Immortal : ultra qualité 60 fps confortable, pas de problème thermique remarqué sur sessions courtes.
- Call of Duty Mobile : 120 fps activable et tenable en compétitif, avantage net pour les joueurs réactifs.
- PUBG Mobile : graphismes HD 60 fps stable, le profil parfait pour ce jeu.
La chauffe est mieux gérée que sur les flagships à puce 8 Elite, paradoxalement. Sur 1 heure de gaming intensif, le téléphone reste tiède (40-43 degrés), là où un Galaxy S25 Ultra peut taper 47-48 degrés. Le revers : les pics de performances sont moins élevés en absolu.
Verdict gaming : excellent pour le joueur quotidien, légèrement insuffisant pour les puristes qui veulent jouer en ultra réglages prolongés. Si le gaming est ta priorité numéro un, regarde le ROG Phone 9 ou le OnePlus 13 qui poussent plus fort.
Nothing Phone (3) vs Pixel 9 vs iPhone 16 vs OnePlus 13 : le comparatif direct
Un test produit n’a de sens que mis en perspective avec ses concurrents directs. Voici la comparaison face aux trois alternatives les plus discutées en 2026 dans la même tranche tarifaire 800-1000 euros.
| Critère | Nothing Phone (3) | Pixel 9 | iPhone 16 | OnePlus 13 |
|---|---|---|---|---|
| Prix d’entrée | 849 € | 899 € | 969 € | 899 € |
| Processeur | Snapdragon 8s Gen 4 | Tensor G4 | A18 | Snapdragon 8 Elite |
| Photo principale | Solide, basse lumière en retrait | Référence du marché | Excellente, traitement Apple | Très bonne, signature Hasselblad |
| Autonomie | 1,5-2 jours | 1 jour | 1 jour | 1,5 jour |
| Charge rapide | 65 W | 27 W | 20 W (USB-C) | 100 W |
| Design | Glyph Matrix unique | Sobre, identifiable | Continuité Apple | Soigné mais classique |
| OS | Nothing OS minimaliste | Android pur + Gemini | iOS | OxygenOS |
| Mises à jour | 5 ans Android + 7 ans sécurité | 7 ans Android complet | 5-6 ans iOS | 4 ans Android + 6 ans sécurité |
Le tableau résume bien les choix qu’on fait selon ses priorités. Le Nothing Phone (3) gagne sur le design et l’autonomie, mais perd en photo basse lumière (Pixel 9, iPhone 16) et en performances brutes (OnePlus 13). À 849 euros, c’est un compromis assumé qui privilégie l’expérience utilisateur quotidienne sur la performance crue.
L’écosystème Nothing : ce qu’il vaut autour du téléphone
Acheter un Nothing Phone, ce n’est pas seulement acheter un téléphone. C’est entrer dans un écosystème qui s’étoffe progressivement.
Nothing Ear (a) et Nothing Ear (3) sont les écouteurs maison à 99 et 149 euros. Bonne réduction de bruit active, design transparent en cohérence avec le téléphone, batterie 7 heures par charge plus 30 heures avec le boîtier. Pas le top absolu en qualité audio (Sony WF-1000XM6 et Bose Quietcomfort Ultra restent devant), mais excellent rapport qualité-prix dans leur tranche.
CMF Watch Pro 2 est la montre connectée de la sous-marque Nothing à 99 euros. Affichage AMOLED 1,32 pouce, suivi cardio et GPS, 11 jours d’autonomie. Compatible Android et iOS. Pas un concurrent de l’Apple Watch ou du Galaxy Watch sur les fonctionnalités, mais un vrai bon objet à son prix.
L’écosystème reste plus modeste qu’Apple ou Samsung en 2026. Pas de tablette Nothing, pas de TV, pas de domotique propre. Mais l’identité design est cohérente, ce qui plaît à ceux qui veulent une marque assumée plutôt qu’un agglomérat de produits dépareillés.
Mises à jour, longévité et politique réparation
L’engagement de Nothing pour le Phone (3) : 5 ans de mises à jour Android majeures et 7 ans de patchs de sécurité. C’est aligné sur Samsung Galaxy S25 et au-dessus de la politique OnePlus. Comparé au Pixel 9 qui propose 7 ans d’Android complet, c’est un cran en dessous, mais largement supérieur à la moyenne du marché Android.
Côté réparabilité, Nothing fournit des pièces détachées via iFixit pour les modèles précédents et a annoncé maintenir cette politique pour le Phone (3). Le score de réparabilité affiché en France atteint 8,5/10 sur l’indice imposé par la loi anti-gaspillage. Batterie remplaçable par un tiers en environ 60 euros, écran à 180-220 euros selon revendeurs agréés.
Pour un acheteur qui compte garder son téléphone 4-5 ans, le Phone (3) coche les bonnes cases : longévité logicielle, possibilité de réparer, batterie qui restera dans le top du marché grâce à sa capacité initiale élevée et sa puce efficiente.
Pour qui exactement, en pratique
Au-delà du verdict général, voici à quel profil exact le Nothing Phone (3) convient le mieux. La photo et le gaming étant les deux gros critères différenciants.
Le créatif curieux à 30-40 ans, qui en a marre des iPhone clones, qui consomme du contenu plus qu’il ne photographie en mode pro, qui valorise une interface propre et une autonomie béton. C’est le profil cible numéro un. Le Glyph Matrix ne le saoule pas, il le trouve sympa.
Le tech enthusiast qui change tous les 4-5 ans, qui préfère un appareil distinctif à un appareil ultra-puissant. Il sait que la puissance brute compte moins que la qualité d’usage quotidien sur la durée. Pour lui, le 8s Gen 4 efficient bat le 8 Elite gourmand à long terme.
Le pro qui veut une seconde ligne, qui a déjà un iPhone pro et cherche un Android distinctif pour les apps qui ne tournent que dessus. À 849 euros, c’est un investissement raisonnable pour cet usage hybride.
À l’inverse, le photographe pro, le hardcore gamer et le fan d’écosystème complet Apple trouveront mieux ailleurs. Pas de honte à le reconnaître, c’est juste pas le bon outil pour leur usage.
Questions fréquentes
Le Nothing Phone (3) est-il vraiment un flagship ?
Selon la majorité des reviewers internationaux, c’est un semi-flagship : un appareil au design et à l’écran flagship, mais avec un processeur (Snapdragon 8s Gen 4) volontairement positionné un cran en dessous des puces de pointe. Le rapport prix-prestation reste excellent à 849 €.
Quelle est la différence entre le Glyph Interface et le Glyph Matrix ?
Le Glyph Interface des Phone (1) et (2) était un système de bandes lumineuses au dos qui s’allumaient pour les notifications. Le Glyph Matrix du Phone (3) le remplace par un mini-écran rond de 489 micro-LEDs capable d’afficher des icônes, du texte et même des mini-jeux. Plus polyvalent, mais plus gadget pour certains.
Le Nothing Phone (3) est-il étanche ?
Oui, certifié IP68. C’est le premier Nothing Phone à recevoir cette certification. Tu peux l’immerger jusqu’à 1,5 m pendant 30 minutes sans risque. Une lacune des modèles précédents enfin corrigée.
Quelle autonomie réelle pour le Nothing Phone (3) ?
Les retours utilisateurs convergent sur un jour et demi à deux jours d’autonomie en usage modéré. Avec sa batterie de 5 150 mAh et son processeur Snapdragon 8s Gen 4 efficient, c’est un des meilleurs scores de la gamme 800-900 €. La charge 65 W remplit la batterie en 50 minutes.
Vaut-il mieux acheter le Nothing Phone (3) ou le Pixel 9 ?
Le Pixel 9 reste devant en photo (surtout basse lumière) et en intégration IA Google. Le Nothing Phone (3) gagne sur le design, l’autonomie et la sobriété de l’OS. Si tu shootes beaucoup, va sur le Pixel. Si tu cherches un téléphone original avec un look unique, le Phone (3) est ton choix.